polyptyque

charlemagne 

                        L’abbé IRMINON

On connaît peu de choses sur l’enfance et la vie d’Irminon. On sait seulement qu’il a été un personnage très important à la cour de Charlemagne et de son fils Louis le Débonnaire. Deux faits connus le confirment. Il a apposé sa signature au bas du testament de l’empereur, puis conduit une ambassade à Tournai pour régler un litige. Par ailleurs, lorsque le poète Emoldus Nigelus décrit l’empressement des populations à se porter devant Louis le Débonnaire, lorsqu’il traverse la France après la mort de son père Charlemagne, il consacre deux vers à Irminon :

            « Irminon applaudit volontiers. Tu as réclamé César, tu le vois, tonnant ».

            On sait aussi qu’il était abbé prudent et sage et d’un grand ordre dans le temporel. Il a augmenté les biens de l’abbaye, bâtissant des moulins, défrichant des terres incultes et plantant de nouvelles vignes en différents lieux.

            Nous ne connaissons pas avec précision la date de son avènement à la tête de l’abbaye. Les historiens le situent entre 800 et 811. il en est de même pour sa mort survenue un 30 avril entre 816 et 829.

            Irminon fait rédiger un polyptyque, répondant ainsi aux souhaits de l’empereur Charlemagne, qui dans une période d’incontestable prospérité due à la paix et à un climat particulièrement clément, impose à ses intendants  et aux abbés « l’état des revenus de leurs exploitations. Si jusqu’à présent ces documents étaient considérés comme des registres fonciers à l’usage des tenanciers, on pense actuellement que ce sont des registres de l’impôt public, perçu sous diverses formes par les monastères qui font figure de sous-traitant pour le compte de l’Etat ». En effet, seules les perceptions publiques que sont le droit de guerre et le droit de paisson, sont affectés avec précision. De plus ces droits sont partout les mêmes pour un même bien, « c'est-à-dire que l’abbaye dispose de tarifs officiels ».

     louispieux       Le Bref de Combs précise que les surfaces en labours et en vignes comprennent 959 hectares. Il nomme les villageois, leur femme et le plus souvent leurs enfants, tout au moins il en indique le nombre. Trois cent quatre vingt cinq habitants d’une localité rurale sont ainsi recensés. C’est un exemple exceptionnel, car d’ordinaire, ce sont les noms de seigneurs ou d’ecclésiastiques que nous citent les textes de cette époque.

            Combs possède deux églises décrites par le polyptyque comme « bâties avec soin et bien ornées, avec maison principale et bâtisses en quantité suffisante », ainsi que deux moulins, certainement ceux du Breuil et de vaux.

            Le vignoble enfin, tient une place considérable dans l’économie du village. Les moines produisent environ cinq mille trois cent hectolitres de vin sur l’ensemble de leurs villas. A cela il faut ajouter onze cents hectolitres fournis par les redevances. Le reste de la production revient aux villageois. A Combs la vigne couvre vingt quatre hectares. Elle a sans doute toujours été plantée aux mêmes lieux-dits : aux fourches, aux roches, aux pierreux et en gousselines. Il est à noter que toutes les terres à vignes de l’abbaye sont situées sur un cours d’eau navigable. La possibilité d’expédier les productions semble avait autant d’importance que l’aptitude du sol à produire.

            L’une des corvées que doivent alors les villageois est la « wicharia », cela consiste, tous les 3 ans, à transporter des marchandises vers les ports de la mer du Nord où se trouvent les débouchés de leurs productions céréalières et viticoles.

            Enfin ils doivent, et c’est l’objet principal du polyptyque, payer des impôts qui représentent soixante dis sept pourcent des redevances dues.

            L’étude actuelle du polyptyque permet d’émettre un certain nombre d’hypothèses quand à la vie des habitants de haut Moyen Age et d’affirmer l’ancienneté des villages décrits. Cette vie n’est pas tournée uniquement vers une économie de subsistance comme l’histoire nous l’a souvent appris. Les Charrois de marchandises vers les ports du Nord et l’utilisation